La revue de presse
La Morita, Ils ont dit...

« ...les élans majestueux, dorés de finesse, de La Morita, danseuse flamenca au tempérament latin débordant. Elle vit, lance, crache même l'âme andalouse avec une telle force que l'on ne voit plus que par l'éclat de ses gestes et l'audace de son corps. »
Christophe Sillières - L'Opinion Indépendante

 



« ... quant à La Morita elle-même, les présentations ne sont plus à faire ni son tempérament flamenco à démontrer ; sa danse à la fois gracieuse et brutale, esthétique et instinctive, sa générosité lui on gagné un public large. »
Annie Hennequin - La Depêche

 

 



« ... des peintures saisissantes, des danses irréelles au delà du LA : La Morita ! »
Alain Leygonie - écrivain, critique d'art. 

 

 


 

Serge PEY

A la Morita

mon amie

 

Tu es habillée

de pieds

L’ombre qui t’entoure

n’est pas celle de la nuit

ni celle de la lumière

Le chemin se fait soulier

dans tes pieds

et tes pas se mettent

à coudre la terre

La lune laisse tomber

ses cheveux sur nous

comme une coiffeuse

Seules les fenêtres

peuvent ouvrir des fenêtres

comme seules les portes

peuvent fermer d’autres portes

et les couloirs inviter d’autres couloirs

à passer

Ainsi quand tu danses

il faut que la nuit se transforme

en soulier pour te déchausser

Chaque nuit la lune fait remonter

ses cheveux jusqu’à elle

et les avale dans une bouche

qu’on ne connaît pas

La haut

très loin derrière

les arbres

la lune vomit

de la lumière et la maison

s’essuie les pieds

devant sa propre maison

pour entrer

 


 

 

  La Morita est danseuse de Flamenco.
Elle enseigne aussi, le flamenco.
C'est à Séville, auprès de son maître, José Galvan, qu'elle a appris cela, à être dans la danse, dans la rythmique violente et saccadée du flamenco, dans cette ode à la fierté du peuple espagnol.

 

Parce qu'elle est française et espagnole aussi, La Morita aime les contrastes, les destins baroques, elle est passionnée et sincère dans ses passions, Les espagnols n'aiment par la tiédeur, leu terre ne les a pas engendrés pour cela. Elle aime tous ces grands crucifiés de la fièvre espagnole, tous ces hommes qui combattent les territoires de la peur, dans l'arène, sur la scène, la toile blanche ou dans les rêves.

Elle aime Goya, les poètes, et les toreros, les artistes flamencos et tout ce qui n'est pas un exotisme espagnol mais l'Espagne même. Parce que cette langue espagnole que ces hommes crient, chuchotent ou chantent, c'est la sienne, non la langue civile, mais la langue familiale, la langue du cœur, la langue des compagnonnages artistiques, ceux qu'elle entretient surtout avec ses complices, Manuel Rodriguez et Mariano Zamora.

Alors elle entend la violence de la langue muette de Goya, l'homme des couleurs et de l'obscurité. Elle aime les silences que la danse lui a appris, les saccades qui alternent avec les répits, que le flamenco enseigne, car l'on ne peut toujours souffrir, il faut aussi vouloir le jeu, le plaisir. C'est pour cela qu'elle aime aussi les grands poèmes visuels, les fresques épiques et initiatiques, et qu'elle a participé à la création des spectacles tels que Ruedo et Historia de un dia.

Et ces pour toutes ces raisons qu'elle s'est engagée dans ce spectacle dont elle est la chorégraphe. Non pour y être une danseuse de flamenco comme elle le fut dans l'un des précédents spectacles de Jean-Pierre Armand : « Tauromagie », mais pour y être l'actrice silencieuse et grimée, l'ombre qui, un instant, peuple les visions du grand peintre espagnol. Pour que la gestuelle du corps, pour que ses propres rêves, ses propres désirs, ses propres peurs, coïncident une fois avec les destins magistraux, avec le destin de tous les grands artistes, ces combattants du désir et du rêve. »
Bénédicte GAZAGNE